INTRODUCTION
Une figure de style, appelée aussi figure de rhétorique, est un procédé d’écriture qui
permet d’exprimer les choses différemment de l’usage courant.
L’écrivain utilise les figures de style pour que le lecteur ressente davantage les
émotions qu’il veut faire passer. Pour cela, il détourne le sens des mots ou il leur
donne un sens nouveau.
LES DIFFERENTES FIGURES DE STYLE
1- La comparaison
La comparaison est un procédé qui met en parallèle deux termes au moyen d’une
marque de comparaison (comme, tel, etc.).
Ex : « La terre est bleue comme une orange » (Paul Éluard).
2- La métaphore
La métaphore est une comparaison elliptique (c’est-à-dire sans terme de
comparaison). Dans ce vers d’un poème de Guillaume Apollinaire, les mains sont
comme des feuilles de l’automne : « Et tes mains, feuilles de l’automne ».
3- La métaphore filée
C’est une métaphore qui se poursuit à travers des mots ou des phrases la
première image sert de repère à l’élaboration des autres images.
Ex : Véritable renard, Fama jouait des tours à ses citoyens. Partout il glapissait. On l’a vu
dans les traquenards, ne laissant aucune chance à ses adversaires. Il les manipulait, les tenait
et les ruinait enfin.
4- L’antonomase
C’est lorsque la métaphore passe du nom propre au nom commun.
Ex : Un harpagon = un avare
Un hercule = un homme fort
5- La catachrèse
C’est une impropriété involontaire acceptable à défaut de termes propres.
Ex : Le bras du fauteuil.
Les pieds de la table.
6- La paronomase
C’est un processus qui consiste à jouer sur la paronymie c’est-à-dire un
rapprochement des mots dont le son est à peu près semblable mais dont le sens est
différent.
Ex : Qui se ressemble, s’assemble
Homme famélique, homme maléfique
7- L’hyperbole
C’est une exagération dans les termes que l’on emploi ; celle-ci se perçoit dans la
description d’une personne, d’une chose ou dans l’expression d’une idée.
Ex : Un géant (pour parler d’un homme de grande taille).
Il baignait dans une mare de sang.
8- La litote
C’est un procédé qui consiste à dire peu pour suggérer beaucoup.
Ex : Ce n’est pas mal (c’est bien)
Je ne te hais point (je t’aime)
9- L’euphémisme
C’est un procédé par lequel l’on substitue ( remplace) un terme propre par un mot
ou une expression moins brutale ; c’est l’adoucissement d’une expression trop
crue, trop choquante.
Ex : Mon père repose en paix (mon père est décédé)
10- La périphrase
C’est une figure qui consiste à exprimer une notion par un groupe de mots de sens
équivalent ; c’est évoquer un terme sans le nommer pour éviter une répétition ou
pour donner une explication.
Ex : L’astre de la nuit (la lune)
La langue de Molière (le français)
11- L’antithèse
C’est une opposition de pensée ou de termes qui mettent mutuellement en valeur.
Ex : Les serviteurs de Dieu armés de chicottes.
12- Le zeugme ou le zeugma
C’est une alliance de mots de façon inattendue. Elle brise les associations toutes faites
que nous concevons habituellement.
Ex : Les palmiers cuivre
La nuit verte
13- La prétérition
C’est une figure qui consiste à faire semblant de ne pas vouloir dire ce que l’on dit
clairement cependant avec force.
Ex : Je ne dirai rien de son mouvement qui a été magnifique
Je n’évoquerai pas sa paresse mais seulement son indifférence
14- L’ironie ou l’antiphrase
C’est un procédé qui consiste à exprimer le contraire de ce que l’on veut signifier.
Ex : Quel courage ! (pour dénoncer la lâcheté de quelqu’un).
C’est du joli (à propos d’un mauvais travail)
15- La réticence
C’est une figure qui consiste à s’interrompre avant d’achever l’expression d’une
pensée, tout en laissant entendre ce qu’on ne dit pas.
Ex : Mon frère, vous seriez charmée de la connaitre…c’est une femme qui…Ah…une
femme…
16- L’hypallage
Elle consiste à attribuer à un objet l’acte ou l’idée convenable à un objet voisin,
autrement dit, à appliquer à un mot ce qui ne convient qu’à un autre de la même
phrase.
Ex : Le marchand accoudé sur un comptoir avide.
17- La prosopopée
C’est un procédé par lequel l’orateur ou l’écrivain prête la parole à des êtres
inanimés, à des morts, à des absents.
18- La métonymie
La métonymie désigne quelque chose qui se trouve dans un rapport voisin avec ce
que le mot signifie habituellement, c’est-à-dire :
Le tout pour la partie (ameuter la ville = tous les habitants de la ville) ;
Le contenant pour le contenu (boire un verre = le vin qu’il y a dans le verre) ;
la cause pour l’effet (aimer les gravures = aimer les dessins faits avec la technique de la
gravure) ;
Le symbole pour la réalité (la colombe = la paix), etc.
19- La synecdoque
Est une métonymie qui désigne un lien d’inclusion, c’est-à-dire la partie pour le tout :
« Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles » (Pierre Corneille) (les voiles = les
navires).
20- L’allégorie
L’allégorie utilise sur plusieurs vers un symbole, une personnification, une image
pour définir une notion abstraite.
EX : « Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici […] » (Charles Baudelaire)
21- L’anagramme
L’anagramme est un mot qui se décompose en syllabes et donne naissance à d’autres
mots.
EX : « GÉNIE naît de la neige, son nid » (Michel Leiris)
22- L’anaphore
L’anaphore consiste à répéter un mot plusieurs fois. Cela permet non seulement
d’accentuer l’idée du poète, mais aussi de donner une certaine musicalité au poème :
« Ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole
Ceux qui n’ont jamais su dompter la vapeur ni l’électricité
Ceux qui n’ont exploré ni les mers ni le ciel
Mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre. » (Aimé Césaire)
23- L’ellipse
L’ellipse est la suppression volontaire d’un mot grammaticalement nécessaire.
EX : « Je nommerai désert ce château que tu fus,
Nuit cette voix, absence ton visage » (Yves Bonnefoy)
24- L’oxymore
L’oxymore est une figure qui relie deux termes contradictoires :
EX : « Implacable, et tombait sur cette blancheur sombre » (Victor Hugo)
25- La personnification
La personnification est une figure qui consiste à attribuer à quelque chose d’inanimé
(la forêt dans l’exemple qui suit) des actions, des caractères ou des sentiments
humains.
EX : « Près d’une maison de soleil et de cheveux blancs une forêt se découvre des facultés de
tendresse et un esprit sceptique. » (Benjamin Péret)
26- L’inversion
Elle change l’ordre grammatical des termes dans la proposition de la phrase.
Ex : Combien heureuse doit être l’âme
27- Le chiasme
Le chiasme c’est une figure formée d’un croisement de termes de deux groupes
d’une antithèse.
Ex : Voici que les pieds des danseurs s’alourdissent
Que s’alourdissent la des chœurs alternés
28- L’anadiplose
C’est lorsqu’un mot est inscrit en début et à la fin d’une phrase ou d’une proposition.
Ex :L’Homme est un loup pour l’Homme
29- L’anacoluthe
C’est un brusque changement de construction. La phrase ne s’achevant pas comme
son début le laissait supposer.
30- La gradation
Elle ordonne les termes d’un énoncé selon une progression (gradation ascendante)
ou une régression (gradation descendante) en taille ou en intensité.
Ex : Je meurs, marche et s’arrête (Grad.Descend)
31- L’asyndète
L’asyndète, c’est la suppression des mots de liaison.
Ex : Le soleil prolongeait sur la cime des tentes ses obliques rayons, ses flammes éclatantes, ses
larges traces d’or qu’il laisse dans les airs.
32- La polysyndète
La polysyndète, c’est la répétition abusive des mots de liaisons.
Ex : Je veux acheter un vélo et une tondeuse et un tuc dont j’ignore le nom.