INTRODUCTION
Tout message est émis dans une situation de communication donnée. Mais pour
comprendre certains messages, il est nécessaire de connaître cette situation de
communication, d'identifier certains paramètres. D'autres énoncés, au contraire, sont
compréhensibles, interprétables même si l'on ne connaît pas cette situation.
L'énonciation permet d'étudier l'utilisation de la langue (le français, dans notre cas)
dans des situations concrètes d'utilisation comme une conversation, une lettre, un
discours ou tout simplement un texte. Plus précisément, l'énonciation est l'acte de
production d'un énoncé.
Un énoncé est généralement une phrase produite à l'oral ou à l'écrit par une
personne que l'on appelle le destinateur (c'est donc celui qui parle ou qui écrit). Cet
énoncé s'adresse à quelqu'un que l'on appelle le destinataire. La production d'un
énoncé par un destinateur s'adressant à un destinateur se déroule dans une situation
de communication.
On appelle indices de l'énonciation les traces dans le message c’est-à-dire l'énoncé de
la situation de communication.
I- LES INDICES DE TEMPS ET D'ESPACE
Ces marques de l'énonciation sont tous les mots ou groupes de mots qui situent le
message dans le temps et l'espace par rapport à l'émetteur, à la situation
d'énonciation :
- temps : aujourd'hui, demain, après-demain, hier, avant-hier...
- espace : ici, là-bas,
Ils n’ont de sens qu’en rapport avec le contexte.
Exemple : C’est par rapport à ici qu’on arrive à situer -bas.
Ces indices spatio-temporels sont tout simplement des marques sur le cadre de
l’échange, c'est à dire et quand à lieu l’énoncé.
Les temps verbaux sont encore des indices importants à prendre en compte : Est-ce
un récit au présent ? Ou au passé ? Le récit est-il ancré dans une situation
d’énonciation précise, comme dans une lettre, avec un lieu et une date d’émission ?
II- LES MODALISATEURS
1- Définition
On appelle modalisateurs des mots qui font intervenir un jugement dans l'énoncé,
qui portent la trace de l'opinion de celui qui énonce, qui marquent une certaine
distance etc. Ce sont des mots dont la présence dans l’énoncé influence le sens. Nous
avons différents types de modalisateurs :
- Les verbes : Admettre, reconnaitre, prétendre, sembler, paraître...
- Les adverbes : Certainement, peut-être, assurément...
- Certaines expressions-formules : sans aucun doute,
- L’emploi du verbe au conditionnel. Le conditionnel exprime l'incertitude de celui
qui s'exprime.
Exemple : La croissance reprendrait selon le Ministre.
- La ponctuation ou typographie particulière, par exemple l’usage de guillemets,
point d’exclamation, caractères italiques... Cela peut exprimer une insistance ou de
l’ironie, une distance...
- Les groupes prépositionnels : à mon avis, à vrai dire...
- Les interjections : Eh bien ! Hélas, bravo...
2-Les modalisateurs dénonciation
Il faut enfin ajouter les modalités d'énonciation qui correspondent aux types de
phrases, lesquels concernent les relations entre le destinateur et le destinataire
impliquées par les grandes fonctions de la langue (affirmer, questionner, ordonner).
III- LES PRONOMS ET ADJECTIFS PERSONNELS
1- Les pronoms et adjectifs personnels
Les pronoms et adjectifs personnels :
- renvoyant à l'émetteur : je, nous ; mon, nôtre...
- renvoyant au récepteur : tu, vous ; ton, vôtre...
À ces pronoms doivent être ajoutés les déterminants possessifs (mon, ton, son...) et
démonstratifs (ce, cet, cette, ces) ainsi que les pronoms possessifs (le mien, le tien, le
sien...) et les pronoms démonstratifs (ceci, cela, celui-...). Sans la situation de
communication, l'énoncé Je prendrai celui- ne peut être compris (on ne sait pas ce
qu'est celui-).
Ces mots sont appelés des déictiques, c'est-à-dire des mots qui servent à montrer un
objet auquel le locuteur fait référence dans la situation de communication.
2- Les indices personnels
Les indices personnels :
*) Les traces de l’émetteur, c'est à dire celui qui produit/ ceux qui produisent
l’énoncé :
Il faut rechercher des marques de la 1ère personne :
- des pronoms (je, me moi, nous),
- des terminaisons verbales (-ons à l’impératif)
- des déterminants possessifs (mon, ma, mes, notre, nos...)
*) Les traces du récepteur, c'est à dire celui à qui / ceux à qui est destiné l’énoncé :
On peut rechercher des marques de la 2ème personne :
- des pronoms (tu, te, toi, vous),
- des terminaisons verbales (-e, -ez, à l’impératif)
- des déterminants possessifs (ton, ta, tes, votre, vos...)
*) Le pronom "on" ? Il faut y être attentif car il a tantôt :
- une valeur d’indéfini = on ne sait pas qui... (On frappe à la porte.)
- une valeur élargie = tout le monde, tous les hommes (ex : dans les proverbes : On a
toujours besoin d'un plus petit que soi.)
- une valeur de substitut de l’émetteur (je, nous) ou du récepteur (toi, vous) dans la
langue moderne. Il prend quelquefois des valeurs ironiques pour remplacer un "il"
ou un "elle" qu'on se refuse de désigner...
IV. LE VOCABULAIRE EVALUATIF
1- Le vocabulaire mélioratif
Le vocabulaire mélioratif permet de donner le bon coté des choses.
Exemple : Bon Bien Beau
2- Le vocabulaire dépréciatif
Le vocabulaire dépréciatif permet de donner le coté négatif des choses.
Exemple : Laid Vilain Mal
3- Le vocabulaire affectif
Le vocabulaire affectif permet d’exprimer les sentiments, les émotions.
Exemple 1 : La pitié la peur la sympathie
Exemple 2 : Ma pauvre amie. (Pauvre = vocabulaire affectif)