
Telle que présentée, le mythe, tout comme la raison, semble être incontournable dans
la définition, dans la connaissance de l’homme et de son univers.
II - MYTHE ET RAISON COMME MOYEN DE CONNAISSANCE DE
L’HOMME
1- La philosophie comme manifestation de la raison
La philosophie, avons-nous montré, est un moyen de connaissance de l’homme et de
son monde. Mais dans cette connaissance de l’homme et de son monde, il n’y a pas
d’un côté la philosophie et de l’autre la raison. Dans ces conditions, la philosophie en
tant qu’effort d’explication rationnelle de l’univers et de l’homme ne s’actualise que
dans et par la raison. Ainsi, pour expliquer les phénomènes de la nature, et pour
comprendre l’homme, la philosophie n’a d’autre arme que la lumière de la raison. La
raison reste donc pour la philosophie une méthode d’accès à la connaissance et à la
vérité des choses ; c’est par la raison, et en s’appuyant sur la raison, que la
philosophie pénètre le réel et le démystifie. Si la raison est pour la philosophie une
méthode, une voie d’accès à la connaissance de l’homme et de son univers, quel
rapport le mythe entretient-il avec la philosophie ?
2- Le mythe: "deuxième main" de la philosophie
La philosophie se sert de la raison pour découvrir l’intelligibilité de la nature et pour
comprendre l’homme. Mais il arrive souvent que la raison se retrouve en face de ce
qui la dépasse, de ce dont elle ne peut absolument rendre compte à cause de sa
complexité, de son caractère trop abstrait. Aussi, l’homme étant un être complexe,
multidimensionnel, certains de ses actes demeurent inexplicables et
incompréhensibles rationnellement. Devant cette situation d’impuissance, la
philosophie recourt très souvent au mythe. Les cas sont légions. Nous pouvons citer
l’exemple mythique du parcours initiatique dans Kaydara où Amadou Hampaté Bâ
vient enseigner, à travers l’histoire apparemment naïve et enchanteresse de trois
jeunes gens à la recherche' du dieu de l'or et de la connaissance, le sens profond de
l’existence. Dans le même contexte, pour résoudre la difficile question de
l’immortalité de l’âme, pour montrer la vanité, la corruption qui caractérisent notre
monde « le monde sensible», pour expliquer la nature de l’amour ou encore pour
expliquer l’origine de l’acquisition technique chez l’homme, Platon se réfère à des
mythes respectivement dans, Le Phèdre, la République, (livre 7), dans le Banquet-et
dans le Protagoras (XI). De la sorte, quand la raison est incapable d’appréhender une
réalité, le mythe vient à son secours. On pourrait donc affirmer que le mythe est
intrinsèquement lié à la raison et apparaît comme une de ses facettes ou de ses